La police de Montréal espionne plusieurs journalistes
Le chroniqueur de La Presse Patrick Lagacé a été placé sous enquête policière pendant plusieurs mois par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).
Selon les informations obtenues par La Presse, le téléphone cellulaire de M. Lagacé a été placé sous surveillance depuis le début de l'année 2016 dans le cadre d'une enquête interne du SPVM. Les enquêteurs auraient obtenu tous les numéros de téléphone entrant sur l'appareil, tant pour les appels que pour les messages textes.
À priori, les enquêteurs du SPVM cherchaient à retracer la source de fuites liées à une enquête interne sur la fabrication de preuve par des policiers spécialiste des gangs de rues. En tout, 24 mandats de surveillance concernant le téléphone ont été délivrés aux policiers. La pratique n'est pas nouvelle au SPVM, mais c'est la première fois que plusieurs sources indépendantes la confirment. Cette façon de faire, précisons-le, est légale et relève du droit de gérance.
Un autre officier du SPVM déplore néanmoins que cette « interception de communication déguisée en vérification interne est lancée presque chaque fois qu'un journaliste sort une histoire qui fait mal paraître le Service. »